"Tout savoir a pour but de conduire les gens

à la réalisation d'eux-mêmes,

c'est-à-dire au Soi."

Ramana Maharshi

" Maharshi : Tout savoir a pour but de conduire les gens à la réalisation d'eux-mêmes, c'est-à-dire au Soi. On sait que les écritures sacrées et les religions existent dans ce but. Qu'est-ce qu'elles veulent dire ? Laissez de côté tout ce qu'elles énoncent concernant le passé ou l'avenir. Tout ceci n'est que spéculation. Mais le présent n'est pas une hypothèse ; la vie qui s'écoule en cet instant est expérimentée par chacun de nous. Réalisez le fait d’être à l’état pur et vous aurez mis un terme à toutes les discussions et polémiques. Malheureusement, l’intellect de l’homme ne prend pas facilement ce chemin. Il est rare qu’un homme devienne introverti. L’intellect se délecte à se plonger dans le passé et à spéculer sur l’avenir. Rarement, il prend le temps de considérer le présent.

Son interlocuteur : Ceci provient du fait que l’intellect sent qu’il se perd s’il plonge dans la recherche du Soi. En revanche, la recherche de l’irréalité dans le passé et dans l’avenir, non seulement lui offre un regain de vie, mais lui permet de s’accroître, de se développer.

Maharshi : Oui, c’est bien cela. Pourquoi l’intellect se développe-t-il ? S’il existe, c’est qu’il a une fonction à remplir. Quelle est cette fonction ? Celle de montrer la voie vers la réalisation du Soi. L’intellect doit être utilisé dans ce but. " (Ramana Maharshi 573)

Ramana Maharshi est né en Inde en 1879. Il est reconnu comme l'un des plus grands maîtres spirituels. Son enseignement est incontournable, direct comme cette Parole :

"Je vous ai donc dit que vous mourrez dans vos péchés ; car si vous ne croyez pas que Moi Je Suis, vous mourrez dans vos péchés." (Ev. selon saint Jean 8;24)

Que veut dire croire ? Celui qui ne s'efforce pas de réaliser "le fait d'être à l'état pur" afin de parvenir à la Réalisation du Soi, du Seigneur meurt, c'est-à-dire demeure enfermé dans tout un savoir qu'il a pêché à droite et à gauche et qui ne lui est guère profitable... Car
"Le Soi est tout simplement le fait d'être et non pas d'être ceci ou cela. C'est seulement le fait d'être. Soyez, et votre ignorance disparaîtra aussitôt." (Ramana Maharshi p56)

"Croyez" donc comme il convient afin de parvenir à réaliser Ce que "Moi Je SUIS" et quand, vous l'aurez réalisé alors "votre ignorance disparaîtra aussitôt." Il ne peut pas en être autrement car vous vous en aurez la Connaissance.

D'ici là "oyez", du verbe ouïr, car on ne serait y parvenir sans entendre Ce que "Je vous dis" et "Je vous ai donc dit..."

Écouter, c'est le verbe primordial du premier commandement : "Écoute"..." (Deutéronome 6:4), "« Le premier, c'est : Écoute..." (Ev. selon st Marc 12;29), celui que personne n'entend, pas même ceux qui le répète tous les jours, tant ils le considèrent comme important ! Mais à quoi cela sert-il de répéter un mot, si l'on n'est pas résolu à réaliser ce qu'il signifie ? Et si on est vraiment résolu à réaliser ce qu'il signifie alors, il devient aussitôt superflu de le répéter.

Comme le précise le traducteur de la Bible, à propos du ce passage du Deutéronome : "la prière liturgique juive, récitée matin et soir, [est] appelée Chema, « Écoute », d'après le premier terme du verset 4."
Celui qui croit comme il convient, c'est celui qui écoute "la Parole", qui écoute Ma "Parole", celui qui sait la distinguer de toute autre et qui la place au-dessus de toute autre en lui accordant toute l'attention et toute la considération qu'Elle mérite. Ce n'est celui qui croit (au sens ordinaire) quantité de choses qui ne sont pas et qui ne sont d'aucune utilité dans la Réalisation du Soi, dans la Réalisation de (Se) Ce que "Moi je Suis".
Soi, "du latin Se en positon accentué ; Sei. " (dict.)
Quand il sera réalisé, quand on aura réalisé Ce que le Seigneur représente, tous les "je croyais que...", source de conflits et de polémiques ne seront plus, tous ces "je croyais que..." auxquels ceux qui se disent croyants comme athées, s'attachent également pour établir leurs raisonnements. "Moi, je crois que... et moi je ne crois pas que ..." Il est un penseur français qui disait :
"Quand on n'a rien à dire et du mal à se taire, on peut parler longtemps. Quand on n'a rien à dire et du mal à se taire, on arrive vraiment au sommet de l’imbécillité." (Bernard Dimey W)
Et c'est si vrai ! Et
"Lorsqu'on leur dit : Croyez, croyez ainsi que croient tant d'autres, ils répondent : Croirons-nous comme croient les sots, n'est-ce pas plutôt eux qui sont des sots ? Mais ils ne le sentent pas." (Coran 1;12)

"Croirons-nous comme croient" ceux qui ne savent rien ou si peu ? Mais n'est pas eux, eux qui ne veulent pas croire " comme croient les sots" qui ne savent rien et qui n'entendent rien ? A présent, on peut également entendre dans quel contexte, Mâ Ananda Moyî a fait cette déclaration :

"Pour aller au-delà de croyance ou non-croyance, il faut croire en Lui. Tandis que vous, vous croyez en toutes sortes d'autres choses." p240)

Mais certainement pas en "cette chose est arrivée et que le Seigneur nous a fait connaître." Et avec laquelle Il nous a fait naître à Sa réalité.

Pour entendre "la Parole" comme étant Celle du Seigneur, pour entendre "la Parole" du Seigneur comme étant celle de notre Soi, il découle du plus simple bon sens qu'il est nécessaire de commencer par se taire, par établir un silence en soi, sinon c'est le brouhaha d'un "mental" que nous considérons comme digne de confiance qui se fera entendre et que nous entendrons et rien d'autre ! Et ce dernier nous maintiendra dans l'égarement autant qu'il est possible de le faire.

Alors "Soyez", oyez et réalisez le "Soi", réalisez que "Moi Je Suis" et vous aurez mis fin à l'activité d'un mental qui n'entend pas Ce qu'il conviendrait d'entendre.

"Mr. Ramachandra Iyer : Que sont le mental, sa concentration et son contrôle ?

Maharshi : Le mental n'est que le résultat de l'identification du Soi au corps. Cette identification provoque la naissance d'un faux ego. Celui-ci, à son tour, produit de faux phénomènes et semble se mouvoir parmi eux. Tout cela est faux. Le Soi est la seule Réalité. Si cette fausse identification est détruite, l'existence permanente de la Réalité devient évidente. Cela ne veut pas dire que la Réalité n'est pas déjà ici, et dès maintenant. Elle est toujours présente et éternellement la même. Elle existe dans l'expérience de chacun de nous. Chacun sait en effet qu'il existe. « Qui est-il ?» Et pour chacun de nous : «Qui suis-je ?» Le faux ego s'associe à des objets alors que c'est l'ego qui est son propre objet. C'est l'objectivation qui est une erreur. Le sujet seul est réel. Ne vous confondez pas avec l'objet, c'est-à-dire avec le corps.

Cette méprise donne d'abord naissance à votre faux ego, puis au monde extérieur et à vos déplacements dans ce monde, avec leur cortège de souffrance. Ne vous mettez pas à penser que vous êtes ceci, cela, ou autre chose ; non plus que vous êtes comme ceci ou comme cela, ou un tel ou une telle. Débarrassez-vous seulement de l'erreur. La Réalité se dévoilera d'elle-même. Les Écritures disent que le Soi est nitya-siddha, toujours présent, et cependant elles parlent du rejet de l'ajnâna, l'ignorance, Si le Soi est toujours (nitya) présent (siddha), comment ajnâna peut-elle exister, et pour qui? Voilà des affirmations contradictoires.

Mais elles sont destinées à servir de guide au chercheur sérieux sur le droit chemin. Ce chercheur ne comprend pas facilement la Vérité unique si on la lui expose en termes simples et directs, comme : « Je n'étais pas, ni toi, ni ces rois des hommes ... » (Bhagavad-Gîtâ 2:12)

Shrî Krishna avait énoncé la Vérité, mais Arjuna ne pouvait la comprendre. Plus tard, Krishna lui explique, en termes simples, que les gens Le confondent avec Son corps d'homme, alors qu'en réalité, Il n'était pas né et qu'II ne mourrait pas. Néanmoins, Arjuna a besoin qu'on lui fasse l'exposé de toute la Gîtâ pour saisir clairement la Vérité." (Ramana Maharshi 40)

"LUI seul EST — donc pas question d'accepter ou de refuser. A-t-il jamais commencé d'exister pour qu'il soit possible de L'accepter ou de Le refuser ? Il n'est jamais né." (Mâ Ananda Moyî p122)
D'une façon générale, tous les hommes veulent bien avoir "la vie éternelle" mais non seulement ils ne se mettent pas en peine de réaliser Ce que Cela signifie mais de plus, ils s'en détournent autant qu'ils peuvent.
Mais comment Celui qui n'est jamais né peut-Il naître ou comment Celui qui demeure toujours peut-Il mourir car
"Nous avons appris de la Loi, nous, que le Christ demeure à jamais" (Jean 12:34)

Il n'y a pas de contradiction, entre le fait qu'Il "est" toujours là et le fait qu'Il naît éternellement, perpétuellement dans une humble étable, dans une modeste demeure, dans une conscience qui n'est pas encombrée par toutes sortes de "babioles" et de croyances inconsidérées et où Il peut s'y établir, et où Il peut trouver une peu de place pour y naître, pour y révéler Sa Présence bienheureuse. Car il ne suffit pas de se dire qu'Il est éternel pour être sauvé, pour échapper à cet horrible mental, il faut encore en avoir l'expérience.

Celui qui en a l'expérience, sait qu'Il naît, Se maintient et meurt, aussi souvent que nécessaire, éternellement, perpétuellement parce qu'il L'éprouve en lui et ici, c'est une question d'expérience et non plus de croyances.